Belle aubaine pour les élèves de 3e… Pas seulement celle de bénéficier d’une météo fort agréable pour effectuer une balade ! Mais surtout celle de pouvoir mettre à profit ce temps clément pour sortir du collège afin d’aller à la rencontre d’une exposition itinérante présentant 22 portraits de personnes réfugiées ou demandeurs d’asile, dont l’un des points communs est d’avoir fait escale, au cours de leur périple singulier et poignant, en Bretagne …et à Lamballe. Un déplacement hors les murs pour aller découvrir les parcours édifiants de migrants…

Entrée en matière !

Après l’espace de la MJC de Lamballe, c’est à Moncontour, dans un lieu évidemment très symbolique puisqu’il s’agit du Jardin de l’Europe, que s’est installée la semaine dernière, et pour tout le mois d’octobre, l’exposition Miroirs, Notre histoire.

Un lieu forcément symbolique…

A l’origine du projet, Audrey Marville, une designer dont la pratique s’est orientée voici plusieurs années vers les thèmes des flux migratoires et de l’engagement auprès des migrants. Ses actions de bénévolat l’amènent à rencontrer, à aider, à entendre et à souhaiter donner lisibilité aux parcours chaotiques des demandeurs d’asile qu’elle côtoie. Elle met ainsi son crayon aux services de ces visages si peu visibles, d’ordinaire. Or, le programme de français de la classe de 3e fait la part belle aux récits de vie, aux récits de guerre…, à l’autobiographie. Que dire de soi, comment le dire ? Comment raconter la douleur, l’exil ?… Le thème est ardu, parfois difficile d’accès, pour les élèves. Les seules lectures ne sont pas nécessairement parlantes.

Un espace d’exposition original

C’est de ce fait peu dire que la présence de cette exposition est une matière première de choix pour offrir une autre approche. Les 22 panneaux exposés, 19 hommes et 3 femmes, ne lésinent pas sur l’aspect textuel : la matière est dense, nourrie en détails concrets. Toutefois, les dessins qui animent, qui donnent corps à chaque vie, sont une voie d’accès imparable : ils attirent l’œil, marquant toujours ça ou là un détail d’une pointe de couleur ; ils soulignent certains aspects narrés dans le texte : une attitude, une rencontre amicale, la présence de la famille…Et, élément de poids : ce sont des portraits d’aujourd’hui, pas des récits datés…

Binômes en plein travail

Ce sont, ce mardi, les élèves de 3B, qui ont les premiers fait l’expérience de ce cours hors normes : étonnement devant cette galerie de visages, questionnement devant certains mots immédiatement repérés et perçus comme difficiles mais décisifs : qu’est-ce qu’une « ethnie » ? Que veut dire « xénophobie » ? On s’arrête sur des notions pas si connues : « le 115 ? » …Et cela conduit à se renseigner…Afin de faciliter la lecture de chacun, de la rendre plus efficace, on a en main une fiche guide qui donne des axes et des perspectives ultérieures d’écriture. On prend son temps, on se pose : le lieu est propice !

Annexe médiévale de la salle de cours !
L’une lit de très près…
L’autre aussi !
Mme Grain très concentrée…

Car de leur cheminement au coeur de cette exposition itinérante, les 3es vont devoir tirer matière à réflexion : en quoi l’écriture de soi, sous forme autobiographique ou biographique, permet-elle d’avancer, sans rien oublier, surtout pas son humanité ? Reconnaissons-le : face à un sujet aussi sérieux, les 3B ont su rester concentrés…même le papillon venu en visite ne s’y est pas trompé !

Travailler en toute situation !

Voir en ligne : Miroirs, Notre histoire : en savoir plus sur la genèse de ce projet !